28/01/2008
Lucide in the sky with Almonds
Un reste de café froid, une humeur de sorcière
Me voilà déprimé, enterré dans l’ornière
Magical comedy que je joue en entier
Plié dans un tiroir, surpris c’est mon métier.
Si vous ne pipez mot à ce que je décris
Et que vous n’y voyez que quelques rîmes en nid
C’est normal calmez vous ça défoule et c’est tout
Envolée dystrophique empaillée dans la boue
Un reste de café froid dégueulasse au possible
Que je ne boirai pas, vomir est si nuisible
Le venin s’est déjà répandu dans la reine
Pourquoi en rajouter ça n’en vaut plus la peine.
Elle est morte émaciée les bronches et les tympans
Percés en trois morceaux rendus aux quatre vents
Et moi je suis assis, j’écris, je pleure aussi
A vouloir exprimer le mal qui m’a épris.
A quoi bon commencer ici un paragraphe ?
Le lyrisme voudrait que je marque épitaphe
Mais ni la vie, et ni la mort
Ni la sagesse et ni l’effort
Aucun travail n’a débuté
L’enceinte est vide, l’acte manqué.
La reine merde à mon service
La roue des mots est un supplice.
Fariboles et tourments naissent en mon crâne lent
C’est dur à dire ainsi mais pas s’ils sont cinq cents
Et oui talent mon œil ne fait pas l’interprète
Qui veut au plus offrant : jamais je ne le prête
Si vous comprenez pas c’est que vous êtes un sain
Pliez pour nous enfin car je suis un machin
Un truc sans illusion, moisi dans son dégoût
Tirez la chasse bordel, mon départ est si flou.
A quoi bon terminer ici un paragraphe ?
Le café est parti, j’me suis donné une baffe
J’vais prendre du chocolat
Et basta !
20/01/2008
Acidité Lucidité
Endormi par l’absence de ma vie ébahie
Je me suis mis un jour à rêver jusqu’ici
D’un merveilleux présent offert à mon futur :
Qu’il existe et grandit en autant d’aventures.
Rien que ça pensez-le nourrissait mon cerveau
Outil bien trop crédule à l’abri de ses mots
Il ne voyait guère plus lointain en Arcadie
Mouton bien élevé en ces cieux rêveries.
Mais imaginez-le Cupidon salopard
Fouillant dans sa sacoche amarré au comptoir
Qui quand sa flèche décoche entraîne le foutoir
Me voici au milieu sirotant le cauchemar.
Sursaut d’inanité en ce réveil furtif
Caché dans mon royaume soudain si offensif
Regardez-moi bordel, mes mots sont ils si beau
Que vous ne voyez pas le malheur dans ma peau ?
L’acidité de mes pensées
Lucidité bien acérée
Ne me dites pas que je suis beau
Je n’en croirai un traître mot.
Ne me dites pas que je suis laid
Oui s’il vous plaît, ça je le sais.
Mais dites-moi que je suis fou
Laissez moi croupir dans ce trou.
En silence les yeux ouverts
La vérité est là massacrant ce qui reste
Laissant derrière l’écran le souvenir d’un geste.
Bras d’honneur incongru au néant qui s’éteint
La hauteur invaincue en prison de l’écrin.
C’est bien beau de se plaindre devant le monde entier
Que l’on est moche et con, pour tout bien simplifier
Je m’amoche incrédule, m’isole parmi vous tous
En espérant avoir dans vos yeux la vie douce.
Mais vos pupilles ignorent que je suis irréel
Invisible au dehors, ça rime : artificiel
Et mes papilles oublient le goût si délicat
De la réalité s’effaçant pas à pas.
Je me suis réveillé, sans talent je l’écris
Je sais que je déplais sans mes mots si appris
Conventions illicites mon cerveau a raison
Je lui mens il me tue et me chante une chanson…
Ne me dites pas que je suis beau
Je n’en croirai un traître mot.
Ne me dites pas que je suis laid
Oui s’il vous plaît, ça je le sais.
Mais dites-moi que je suis fou
Laissez moi croupir dans ce trou.
En silence les yeux ouverts
Partir enfoui si terre à terre…
06/01/2008
Faux Départ
Me voilà envahi d’une peur qui s’égare
Quand le train de l’ennui m’emmène en ce départ
Je ne peux reculer, plus un mot plus un trait
Je cours encore et crie je voudrais me rater.
Aujourd’hui c’est la nuit qui m’accouche étendue
Dans un affreux fracas qui me touche sans pendu
Là l’heure de l’amertume qui sonne et me réveille
Je pleure en toutes larmes et l’alarme s’enraye.
Difficile en six mots d’abreuvoir au bonheur
S’émouvoir à te voir, te regarder sans peur
Dissimulé en moi je me cache en chagrin
Perdu d’entre les morts pourquoi tendre la main ?
Abattu éperdu,
Dans ma gare je m’égare
De triages en mirages je ne partirai pas
On a sifflé au moins six fois, je ne partirai pas
Douceur de l’hécatombe et par terre je me noie
Inspirant les décombres comme un petit soldat
L’attentat explosé, dormir dans ce wagon
Et te voir m’immoler dans ce bruit sans un son.
Pilote automatique vers une voie de garage
Visage aux mots magique me diras tu sauvage
On se sauve à mon âge, abandonnant la suite
Mais que dire quand on meurt à celles qu’on a détruite ?
Me voilà envahi d’une peur qui s’égare
Quand le train de l’ennui m’emmène en ce départ
Je n’ai plus goût à guère rien
Ni à la guerre ni à la paix
Cherchant en vain qui me retient
Je ne vois plus et je me tais.
Abattu éperdu,
Dans ma gare je m’égare
De triages en mirages je ne partirai pas
On a sifflé au moins six fois, je ne partirai pas


