21/03/2008
Joyeuses Pacotilles
Chez les chrétiens et assimilés cette semaine on se remémore la Passion du Christ... la Passion c'est pas beau, la Passion c'est la souffrance avant la mort. L'Amour serait donc indissociable de la douleur ? Alors à quoi bon je vous le demande ? (En fait je vous le demande pas vraiment, j'suis déja au courant). Vivre les choses passionnément j'ai essayé... et j'ai trébuché, ça fait juste mal. Mal car on se rend compte que tout ce que l'on cherche à atteindre est indisponible, c'est trop haut, trop absolu, trop idéal. Double peine. Souffrance actuelle et destruction des illusions pour l'avenir. Je généralise pas, c'est juste moi. Je me regarde, je regarde ma vie et je ne vois que pacotilles. Je me suis construit une destruction intérieure, à base de mensonges, d'espoirs et de certitudes branlantes... ça n'a pas tenu évidemment. Tout s'écroule en dedans.
Je ne suis que pacotilles, verroteries et breloques. Ces choses qu'ont donne pour amadouer, pour se faire apprécier... Mais ça ne dure pas, les gens ne sont guère crédules par ici. Et derrière tout ça il ne reste que du vide, du vent, de l'inintéressant. C'est comme ça que la vérité se dévoile, que mon moi se désagrège. Je suis de pacotille, caché derrière ces trompe-l'oeil. Je n'existe pas.
03/03/2008
L'écorné
Les corps nés de mes doigts ne s’incarneront point
Mes envies de papier ces carnets en sont pleins.
L’écorné que je suis les aura décharné
Au fur et à mesure, page à page effacés.
Ces trésors éphémères gardés si tôt enfouis
En mon crâne écrasés sous mes yeux éblouis
N’ont de valeur aucune, volés à ma mémoire
Ils réjouissent mes egos comme larrons en foire.
Chaque œil me voit dedans et les doigts de traduire
Ces écueils déchirants que mes rêves peuvent induire
Ça s’agite en récits faits de vents et d’effroi
Dans cet air que je brasse en coulant malgré moi.
Le sauvetage, la mort, ou quoi d’autre à attendre ?
Je ne sais je ne veux ni les mots ni les cendres
Mais pourquoi la douleur, la passion sans le cœur ?
J’écris pour la survie, ils m’oublient et j’ai peur.
Oublié par moi-même
J’écris mes souvenirs
Unanime anathème
Et pourtant, ce désir…
Les corps nés de mes doigts ne s’incarneront point
Déclassés, remplacés, ils mourront avec soin.


