18/04/2008

J'ai pas la Carrure

J'ai pas la carrure
D'un mangeur de verdure
Quand j'me nourris
Ce n'est pas pour la vie.

J'ai pas la hauteur
De tes admirateurs
Quand je me raccourcis
C'est pour que tu m'oublies.


Aujourd'hui je m'éclipse sans un trait de lumière
Allumé désespoir quand s'éteint le miroir
Je ne m'y vois sans plus, sans pleurs si dérisoire
De toi à moi à vous à quoi bon faire le fier ?

Si j'avais le niveau d'un athlète d'un champion
A gagner les conquêtes à conquérir cocagne
Échec et mat, toujours, mais avec de la hargne
Je verrais du pays, du jambon, des lampions…

C'est la fête au village joie hissant haut les cœurs
Ma défaite sans visage, haïssant son erreur
Le mélange de ces genres mais moi je reste au fond
Émulsion d'émotions j'suis pas l'huile j'suis le con.


J'ai pas la carrure
De tous ces cœurs purs
Attablés aux p'tits soins
De ceux dans le besoin.

J'ai pas la hauteur
De ton futur bonheur
Je ne saurai voir loin
Caché là dans mon coin.


Aujourd'hui je dissipe mon odeur et mes cris
Ça pue la ribambelle ça reste collé au nid
Au nez et à la barbe ça ventile en paillettes
Plus de strass mais le stress, là ça sent les rillettes.

Si j'avais le niveau d'un cardiologue d'un gynéco
Sauver des vies, des cœurs, des corps, sexy cerveau
Médecin on s'en fout, les deux tiens un peu moins
Je serai à ton goût, même sous le rhume des foins.

Diplômes et la fortune dix plombes à cravacher
Chevalet pour croûter, merci pour moi c'est non
Perdu j'ai pas gagné je reste à me faire chier
Au bord du bord de mer de crotte que cette chanson.


J'ai pas la carrure
J'ai pas la hauteur
Mais tout est relatif c'est sur
D'égout et d'écouleur
Je crois que j'ai l'niveau
Celui du caniveau.

21/03/2008

Joyeuses Pacotilles

Chez les chrétiens et assimilés cette semaine on se remémore la Passion du Christ... la Passion c'est pas beau, la Passion c'est la souffrance avant la mort. L'Amour serait donc indissociable de la douleur ? Alors à quoi bon je vous le demande ? (En fait je vous le demande pas vraiment, j'suis déja au courant). Vivre les choses passionnément j'ai essayé... et j'ai trébuché, ça fait juste mal. Mal car on se rend compte que tout ce que l'on cherche à atteindre est indisponible, c'est trop haut, trop absolu, trop idéal. Double peine. Souffrance actuelle et destruction des illusions pour l'avenir. Je généralise pas, c'est juste moi. Je me regarde, je regarde ma vie et je ne vois que pacotilles. Je me suis construit une destruction intérieure, à base de mensonges, d'espoirs et de certitudes branlantes... ça n'a pas tenu évidemment. Tout s'écroule en dedans.

Je ne suis que pacotilles, verroteries et breloques. Ces choses qu'ont donne pour amadouer, pour se faire apprécier... Mais ça ne dure pas, les gens ne sont guère crédules par ici. Et derrière tout ça il ne reste que du vide, du vent, de l'inintéressant. C'est comme ça que la vérité se dévoile, que mon moi se désagrège. Je suis de pacotille, caché derrière ces trompe-l'oeil. Je n'existe pas.

03/03/2008

L'écorné

Les corps nés de mes doigts ne s’incarneront point
Mes envies de papier ces carnets en sont pleins.
L’écorné que je suis les aura décharné
Au fur et à mesure, page à page effacés.

Ces trésors éphémères gardés si tôt enfouis
En mon crâne écrasés sous mes yeux éblouis
N’ont de valeur aucune, volés à ma mémoire
Ils réjouissent mes egos comme larrons en foire.

Chaque œil me voit dedans et les doigts de traduire
Ces écueils déchirants que mes rêves peuvent induire
Ça s’agite en récits faits de vents et d’effroi
Dans cet air que je brasse en coulant malgré moi.

Le sauvetage, la mort, ou quoi d’autre à attendre ?
Je ne sais je ne veux ni les mots ni les cendres
Mais pourquoi la douleur, la passion sans le cœur ?
J’écris pour la survie, ils m’oublient et j’ai peur.

Oublié par moi-même
J’écris mes souvenirs
Unanime anathème
Et pourtant, ce désir…

Les corps nés de mes doigts ne s’incarneront point
Déclassés, remplacés, ils mourront avec soin.