03/03/2008
L'écorné
Les corps nés de mes doigts ne s’incarneront point
Mes envies de papier ces carnets en sont pleins.
L’écorné que je suis les aura décharné
Au fur et à mesure, page à page effacés.
Ces trésors éphémères gardés si tôt enfouis
En mon crâne écrasés sous mes yeux éblouis
N’ont de valeur aucune, volés à ma mémoire
Ils réjouissent mes egos comme larrons en foire.
Chaque œil me voit dedans et les doigts de traduire
Ces écueils déchirants que mes rêves peuvent induire
Ça s’agite en récits faits de vents et d’effroi
Dans cet air que je brasse en coulant malgré moi.
Le sauvetage, la mort, ou quoi d’autre à attendre ?
Je ne sais je ne veux ni les mots ni les cendres
Mais pourquoi la douleur, la passion sans le cœur ?
J’écris pour la survie, ils m’oublient et j’ai peur.
Oublié par moi-même
J’écris mes souvenirs
Unanime anathème
Et pourtant, ce désir…
Les corps nés de mes doigts ne s’incarneront point
Déclassés, remplacés, ils mourront avec soin.
26/02/2008
P'Heureux
J’ai pas envie d’être heureux
ça demande trop de travail, trop de contraintes et de complications.
J’ai pas besoin de ça.
Dépendre de quelqu’un, avoir des comptes à lui rendre.
Je préfère non exister, mais librement,
souffrir pour moi, ne rien partager, tout garder, tout économiser
même les sourires et la tendresse.
Je ne veux pas être heureux, être à deux.
Personne à qui parler, personne à impressionner ; juste se porter soi.
Et moi j’suis assez lourd comme ça.
Mes larmes n’alarment personne et c’est mieux comme ça.
La solitude est mon rempart, je m’y cache et je suis bien. Les autres ne me voient pas.
Je suis moins insupportable quand je m’isole des autres.
Je ne veux plus chercher à être heureux, non, j’suis trop lâche pour essayer, trop conscient de l’inanité de cela.
La facilité je l’ai choisie, et le reste me fout la paix.
C’est trop compliqué alors j’abdique. Faut pas venir me chercher. Jamais.
Je préfère le malheur, la souffrance, me demandez pas pourquoi… Je vous répondrai que c’est comme ça, la vie m’a donné ça et je ne cherche pas plus loin, c’est trop dur. Alors non ne me demandez pas. Oubliez moi et vivez vos bonheurs. Soyez heureux, je vous laisse tout, ça fera plus vous verrez.
18/02/2008
Comme avant, en pire
A l’instar de jadis, je me retrouve au fond du trou
ce trou que j’ai moi-même creusé
ok rien de bien extraordinaire à cela après tout je pense que ma vie n’a pas à atteindre un autre niveau. Non la nouveauté c’est que je n’ai pas envie de remonter et je doute (et redoute) qu’on puisse venir me chercher… Je pense ne même pas en avoir envie.
Beaucoup de choses se sont révélées à moi ces derniers temps ou plutôt certaines choses qui occultaient la réalité ont eu la bonne idée de faire cesser enfin la mascarade. Oui, la nuance est importante. La réalité était toujours là, mais je voulais y croire à l’envers, me précipiter vers une vie qui n’existerait donc jamais, vers un avenir que je voulais idéal. C’était trop tôt et à présent c’est trop tard. J’ai brûlé avec mes ailes, le soleil n’était pas fait pour moi, j’y ai cru.
Je voulais l’amour, je maudissais le sort qui ne voulait pas me donner des amours normales, des amours banales. Alors j’ai voulu et j’ai espéré ce qu’il y a de plus beau, je me suis imaginé cent fois les plus belles histoires, les passions les plus intenses. Mon cerveau était un roman, c’était mon tic. Je me voulais romantique, aussi ringard que cela puisse paraître. Mais je ne pense jamais avoir eu l’occasion d’exprimer tout cela à une fille, toute ma jeunesse n’a été que solitude, voulue ou subie. Donc à quoi bon tout ça ? Je voulais l’Amour et il ne m’a jamais effleuré, comme une torture, une tentation douloureuse. Maintenant je sais que l’Amour ne fait pas partie de ma vie. Ça a été effacé ou que sais-je encore, mais il n’y a plus rien, même plus l’espoir ou l’illusion que cela puisse m’atteindre. Car l’Amour c’est réciproque et moi je suis invisible, on ne peut aimer une illusion. C’est ce que je suis à défaut d’en avoir à moi. Une illusion. Un vide. Un rien.
Le pire est que dans ma vie rêvée j’étais également terre à terre, je voulais rencontrer la femme de ma vie, une femme normale, une femme toute entière avec les imperfections qui font ma perfection. Je voulais avoir des enfants en toute connaissance de cause : les problèmes de la grossesse, les responsabilités… Tout ça était mon centre d’intérêt principal, fort d’une documentation et d’un désir réel… Je voulais être prêt, être à la hauteur si un jour cela m’arrivait… Je ne regrette pas, aujourd’hui encore et à jamais je porte une admiration considérable envers les femmes, mais je me rends compte de ma stupidité, ma crédulité. Comment pouvais-je réellement penser que cela pouvait m’arriver ? Stupide naïveté !
Ce que je vais dire peut paraître cruel, mais ce n’est pas le cas. J’ai choisi d’ « aimer » la femme qui voudrait de moi… Celle là, mais ça aurait pu être une autre oui, parce que quand on est quelqu’un comme moi on ne peut pas choisir. On prend ce qui se présente, mais ce n’est pas péjoratif. C’est malheureux à dire, et surtout de s’en rendre compte. Ça fait mal.
Je pense dire sans me tromper que jamais aucune femme n’a été attirée par moi. Et ça fait de nombreuses années que je le vis et le constate. Mon cerveau n’a rien de sexy.
Cela je le sais depuis longtemps et rien ne m’a prouvé le contraire (non pas que je sois là à attendre, à guetter)… Aujourd’hui je n’ai même plus l’illusion de croire que cela puisse arriver un jour, et je le comprends. J’ai beaucoup de haine envers moi-même, mais je reste lucide, je sais ce que je vaux et même ce que je ne vaux pas. La vie à deux ne me manque plus, le désir d’enfant non plus… Bien que cela me fasse énormément souffrir, la réalité me brûle les yeux et les tripes. Mon palpitant bouge encore, les émotions restent, mais ça frétille dans le vide… Comme avant finalement…


