20/01/2008
Acidité Lucidité
Endormi par l’absence de ma vie ébahie
Je me suis mis un jour à rêver jusqu’ici
D’un merveilleux présent offert à mon futur :
Qu’il existe et grandit en autant d’aventures.
Rien que ça pensez-le nourrissait mon cerveau
Outil bien trop crédule à l’abri de ses mots
Il ne voyait guère plus lointain en Arcadie
Mouton bien élevé en ces cieux rêveries.
Mais imaginez-le Cupidon salopard
Fouillant dans sa sacoche amarré au comptoir
Qui quand sa flèche décoche entraîne le foutoir
Me voici au milieu sirotant le cauchemar.
Sursaut d’inanité en ce réveil furtif
Caché dans mon royaume soudain si offensif
Regardez-moi bordel, mes mots sont ils si beau
Que vous ne voyez pas le malheur dans ma peau ?
L’acidité de mes pensées
Lucidité bien acérée
Ne me dites pas que je suis beau
Je n’en croirai un traître mot.
Ne me dites pas que je suis laid
Oui s’il vous plaît, ça je le sais.
Mais dites-moi que je suis fou
Laissez moi croupir dans ce trou.
En silence les yeux ouverts
La vérité est là massacrant ce qui reste
Laissant derrière l’écran le souvenir d’un geste.
Bras d’honneur incongru au néant qui s’éteint
La hauteur invaincue en prison de l’écrin.
C’est bien beau de se plaindre devant le monde entier
Que l’on est moche et con, pour tout bien simplifier
Je m’amoche incrédule, m’isole parmi vous tous
En espérant avoir dans vos yeux la vie douce.
Mais vos pupilles ignorent que je suis irréel
Invisible au dehors, ça rime : artificiel
Et mes papilles oublient le goût si délicat
De la réalité s’effaçant pas à pas.
Je me suis réveillé, sans talent je l’écris
Je sais que je déplais sans mes mots si appris
Conventions illicites mon cerveau a raison
Je lui mens il me tue et me chante une chanson…
Ne me dites pas que je suis beau
Je n’en croirai un traître mot.
Ne me dites pas que je suis laid
Oui s’il vous plaît, ça je le sais.
Mais dites-moi que je suis fou
Laissez moi croupir dans ce trou.
En silence les yeux ouverts
Partir enfoui si terre à terre…
06/01/2008
Faux Départ
Me voilà envahi d’une peur qui s’égare
Quand le train de l’ennui m’emmène en ce départ
Je ne peux reculer, plus un mot plus un trait
Je cours encore et crie je voudrais me rater.
Aujourd’hui c’est la nuit qui m’accouche étendue
Dans un affreux fracas qui me touche sans pendu
Là l’heure de l’amertume qui sonne et me réveille
Je pleure en toutes larmes et l’alarme s’enraye.
Difficile en six mots d’abreuvoir au bonheur
S’émouvoir à te voir, te regarder sans peur
Dissimulé en moi je me cache en chagrin
Perdu d’entre les morts pourquoi tendre la main ?
Abattu éperdu,
Dans ma gare je m’égare
De triages en mirages je ne partirai pas
On a sifflé au moins six fois, je ne partirai pas
Douceur de l’hécatombe et par terre je me noie
Inspirant les décombres comme un petit soldat
L’attentat explosé, dormir dans ce wagon
Et te voir m’immoler dans ce bruit sans un son.
Pilote automatique vers une voie de garage
Visage aux mots magique me diras tu sauvage
On se sauve à mon âge, abandonnant la suite
Mais que dire quand on meurt à celles qu’on a détruite ?
Me voilà envahi d’une peur qui s’égare
Quand le train de l’ennui m’emmène en ce départ
Je n’ai plus goût à guère rien
Ni à la guerre ni à la paix
Cherchant en vain qui me retient
Je ne vois plus et je me tais.
Abattu éperdu,
Dans ma gare je m’égare
De triages en mirages je ne partirai pas
On a sifflé au moins six fois, je ne partirai pas
10/11/2007
Passager sans Destin
Passager sans destin
Emporté par l’envie de mourir sans chagrin
Embarqué par erreur dans ce rêve si beau peint
Le passage est mis-clos, ce n’est plus mon dessein.
Immortelle est la flamme qui pourrit mon histoire
Et telle est cette lame rendant si rouge l’ivoire
En ce feu qui éteint je suis chauffé à blanc
Je fuis vers cet arrière qui me brûle en dedans.
Me voilà donc perdu sans fard et sans fumée
Où aller déposer ce fardeau embrumé ?
Marchant vers autre part je suis tombé à l’eau
Noyant vie et viscères sans tombes et sans défaut.
A quai mon cœur attaque son reflet si replet
Mais à qui plaît ce crime odieux et sacré ?
J’écris en mes poumons un air si dégoûtant
Que j’en pleure et j’en meure mais toujours à mi-temps.
Passager sans destin
Transporté amoureux vers un si beau chagrin
Ne voyant plus au loin que son propre déclin
Y voir clair en passant vers ce qui n’est plus rien.
Si lassé de m’aimer en essais avortons
Mes yeux s’ouvrent en misère avortant sans un son
La chair de ma chair mes entrailles en dedans
Entaillé jusqu’au bout de ma chère vie semblant.
Et ce qui pousse hier, retourna poussière
Oublions tous très vite mon existence entière
Évitant de gâcher le futur si parfait
Je retire de ce jeu mes pions et mes effets.
Passager sans destin mon image est fugace
Impossible souvenir que fut mon bref espace
Ne gardez en mémoire que vos sourires heureux
Vos mots et vos envies, vos espoirs et vos vœux.
A quoi bon le voyage quand on est sans destin
A quoi bon l’héritage d’un médiocre crétin ?


